Les Matelots de la Dendre

Les Matelots de la Dendre

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La Vie parisienne

(Offenbach)

 

Le premier acte a pour cadre la gare du chemin de fer de l'Ouest. Les employés, facteurs, buralistes, s'affairent (chœur "Nous sommes employés de la ligne de l'Ouest"). Gardefeu et Bobinet, deux authentiques parisiens, se promènent quelques instants, s'observant mutuellement ; puis ils s'approchent de l'employé en lui posant les mêmes questions à tour de rôle. Ils ne se saluent plus depuis une petite aventure avec une certaine Blanche Taupier. Actuellement, tous deux aiment Métella qui descend à l'instant du train de Rambouilet, au bras de Gontran, sa dernière conquête. Elle nie connaître ses deux messieurs venus l'attendre. Comprenant que Métella se moque d'eux, ils tombent dans les bras l'un de l'autre et décident de prendre de bonnes résolutions pour partir à la conquête des femmes du monde ("Elles sont tristes les marquises"). Bobinet part aussitôt chez la petite comtesse Diane de La Roche-Trompette, rue de Varenne. Mais Gardefeu est seul : il ne connaît pas de femmes du monde. Paraît Joseph, son ancien domestique. Ce dernier, maintenant Cicérone, attaché au Grand Hôtel, attend un baron suédois accompagné de sa femme, une baronne suédoise. Mais, s'écrie Gardefeu, "une baronne suédoise, c'est une femme du monde!". Moyennant une honnête rétribution, Joseph consent à lui céder son couple de visiteurs. Pendant que Joseph part les chercher, Gardefeu rêve déjà à la baronne. Joseph revient précipitamment, lui confiant ses voyageurs. Après quelques difficultés linguistiques, ils mettent au point le programme des visites (trio "Jamais, foi de Cicérone"), Joseph rapporte les bagages, suivi de voyageurs, diversement et bizarrement accoutrés, ainsi qu'un Brésilien (chœur "A Paris, nous arrivons en masse" et air du Brésilien "Je suis Brésilien, j'ai de l'or"). Tous ont hâte de découvrir les merveilles de Paris. Le chœur fait place au Brésilien. Gardefeu montre le chemin au baron et à la baronne.

Au deuxième acte, dans un salon chez Gardefeu, Alphonse, le domestique, attend Monsieur. On sonne ; Frick, le bottier entre, une paire de bottes d'homme et de femme à la main. Ayant eu la bonne fortune de rencontrer mademoiselle Gabrielle, la gantière, dans l'escalier, il tient à rester seul avec elle et promet de belles bottes à Alphonse si celui-ci s'en va. Restés seuls, une dispute éclate pour savoir si c'est la botte ou le gant qui distingue l'homme élégant (rondeau "Autrefois plus d'un amant"). Frick se fait de plus en plus pressant et veut prendre la mesure du pied de Gabrielle. Ils sortent en se poursuivant. Gardefeu arrive avec ses Suédois qui croient se trouver au Grand Hôtel. Après avoir devisé sur l'Administration, le baron demande où se trouve une certaine Métalla ; une de ses amis, le baron de Frascata, lui a écrit une lettre de "recommandation" ; car ce baron tient "à s'en fourrer jusque là!". Mais Gardefeu est très gêné quand il lui réclame une table d'hôtes pour dîner. Où trouver tous ces gens? Revoici Frick et Gabrielle qui acceptent de se déguiser pour l'occasion : Frick sera le major, Gabrielle la veuve du colonel, deux personnages indispensables pour une bonne table d'hôtes. Entre Bobinet, l'air navré. Il revient de la rue de Varenne où la comtesse lui a demandé cinquante mille francs... Gardefeu lui explique son stratagème. Bobinet, pour demain, propose quelque chose de bien plus grandiose : une fête de nuit dans l'hôtel de Quimper-Karadec, sa tante étant absente. La baronne les rejoint ; Gardefeu fait passer son ami pour l'horloger de l'hôtel qui sort en cassant la pendule. Elle veut savoir à qui appartiennent ces bijoux posés sur la cheminée. En voilà précisément la propriétaire : Métella. Très digne, la baronne s'esquive. Gardefeu en profite pour lui faire lire la lettre du baron de Frascata ("Vous souvient-il ma belle"). La lecture a peine achevée, le baron apparaît et, comprenant qu'il s'agit de Métella, veut lui offrir son bras. Mais elle remet l'invitation à plus tard et quitte la pièce. Gardefeu se rappelle soudain que l'heure du souper est arrivée ; les convives commencent à arriver : Frick en major, redingote verte à brandebourgs, explique au baron ce qu'est un major ("Pour découper adroitement") ; à la fin paraît Gabrielle ("Je suis veuve d'un colonel"). L'acte s'achève par une tyrolienne ("Auf der berliner Bruck") suivie d'une valse générale.

Un mobilier sévère, des portraits de famille, sont les éléments du décor du grand salon de l'hôtel Quimper-Karadec, pour le troisième acte. Urbain, Prosper, Pauline, Clara, Léonie, Louise, allument des bougies, mettent des fleurs dans les jardinières (chœur "Il faut nous dépêcher vite"). Bobinet vient inspecter son personnel tout en rappelant le principe de cette soirée : "reproduction exacte d'une soirée dans le grand monde". Mais surgit (sextuor ).Mais surgit un énorme problème : puisque les domestiques sont déguisés en invités, où trouver de vrais domestiques? Prosper rassure tout le monde ; il a son plan (sextuor "Donc, je puis me fier à vous"). Les deux complices Bobinet et Gardefeu méditent seuls : la baronne est aux Italiens sans son mari et rentrera seule, à minuit, chez lui, heureux Gardefeu. Bobinet lui promet de retenir le baron le plus longtemps possible au cours de ce souper. Le voilà justement qui vient d'arriver. Les portes se ferment avec violence et il reste seul, méditant sur ces coutumes de la haute société parisienne. Un premier invité apparaît : il s'agit d'Urbain, ou plutôt du général Malaga de Portorico, enveloppé dans une livrée qui lui bat les talons. Le prince de Manchabal, allias Prosper, l'idéal du diplomate est annoncé par Urbain qui tient le baron, l'empêchant de se retourner. Puis suit Pauline (Madame L'Amirale) en toilette étourdissante, prévenant que l'Amiral ne peut entrer dans son uniforme. On sonne. Devant le baron ébahi, Prosper et Urbain, oubliant qu'ils sont de hauts diplomates, partent ouvrir. Pauline reste seule avec le baron, s'assied auprès de lui sur le canapé et le recouvre complètement de sa robe. Ils devisent sur la place de la femme dans la société parisienne (duetto "L'amour, c'est une échelle immense"). Les invités emplissent le salon. Gabrielle vante les charmes des parisiennes ("On va courir"). Les convives sont au complet quand paraît l'Amiral Suisse, un énorme trou dans le dos (sextuor "Votre habit a craqué dans le dos"). Afin d'être tranquille, on renvoie les domestiques imaginaires. Il n'y a qu'un seul moyen pour retenir le baron : la griserie. L'acte se termine dans la folie la plus complète ("Soupons, soupons, c'est le moment").

Il est minuit, au quatrième acte, dans le salon de Gardefeu. Ce dernier attend la baronne qui doit rentrer des Italiens. Alphonse est renvoyé, les cordons de sonnettes sont coupés, le baron est retenu et il a préparé un petit ambigu pour deux personnes... Voici la baronne. Il lui fait croire que sa femme de chambre est partie avec un voltigeur de Stockholm. Mais on frappe, on frappe même très fort. Gardefeu doit descendre et la baronne nous raconte, émerveillée, la soirée qu'elle vient de passer ("J'en suis encor toute éblouie"). Gardefeu revient, suivi par deux dames, mesdames de Quimper-Karadec et Folle-Verdure, qui désirent parler d'urgence à la baronne ; Gardefeu voit son plan s'effondrer : ces dames veulent coucher ici. Affolé, il affirme que l'hôtel est plein et court chercher une chambre ailleurs. En attendant qu'il revienne, ces trois dames nous apprennent que les événements de l'acte précédent se sont mal terminés : madame de Quimper-Karadec a eu l'idée de rentrer plus tôt que prévu de la campagne afin de voir comment ses gens se conduisaient pendant son absence. Quelle n'a pas été sa surprise en voyant ses domestiques dansant et soupant avec fracas. Se rendant immédiatement chez le commissaire, elle le prie, malgré l'heure tardive (un sourire le décide), d'envoyer une escouade chez elle pour fourrer tous ces gaillards-là à la porte. La baronne raconte ensuite à ses amies sa soirée ; un jeune homme lui a même glissé une lettre. Pressée de la lire, elle s'aperçoit que la lettre est signée Métella, lui apprenant que ce guide n'est autre que le brillant vicomte Raoul de Gardefeu et que l'hôtel où elle se trouve est son hôtel, et que c'est encore lui qui a éloigné son mari pour cette nuit, la tenant ainsi seule, chez lui. On décide une punition exemplaire ("Quoi, ces messieurs pourraient, ma chère"). Gardefeu, entrant dans le fond, annonce qu'il a pu retenir deux chambres au Grand Hôtel. Pendant qu'il va mettre les bagages dans la voiture, Quimper-Karadec se déguise en baronne et s'asseoit de façon à tourner le dos à Gardefeu. Celui-ci prend la main qu'elle laisse pendre, négligemment. Elle se retourne. Atterré, il comprend que tout est perdu. Elle se retire dans sa chambre, prévenant que s'il essaye d'entrer, elle lui tombera dessus à coup de pincettes. Ce n'est pas lui mais le baron qui pénètre dans sa chambre, complètement gris. Il en ressort, épouvanté. Le dernier acte se déroule dans le salon d'un restaurant à la mode. Les garçons s'affairent autour des tables (chœur "Bien bichonnés et bien rasés"), commandés par Urbain qui leur explique que, ce soir, une grande fête, un bal masqué, est offert par un Brésilien fraîchement débarqué ("Avant toute chose, il faut être mystérieux et réservé"). Voici le baron, furieux, qui a tout compris. Il lui faut un cabinet car il attend une personne, Métella. Celle-ci lui présente ce lieu (Rondeau "C'est ici l'endroit redouté des mères"). Il veut lui prendre la taille, elle se dégage. Trois dames, en domino noir et masquées, entrent lentement et descendent vers le baron : ce sont les trois dames du quatrième acte. Le baron, étonné, apprend qu'elles le connaissent ("Je te connais!"). Métella part retrouver celui qu'elle aime : Gardefeu. Le baron devient furieux, d'autant plus que les masquent tombent : il reconnaît la dame aux pincettes! Il veut se venger. La bande joyeuse arrive, mais le baron interrompt la fête. Devant Bobinet et Gardefeu, le duel ce prépare, mais ici, on n'aime pas les choses sérieuses. Finalement, en reconsidérant l'affront de Gardefeu envers le baron, tout rendre dans l'ordre : le baron est incapable de préciser pourquoi il en veut à Gardefeu. Son but en arrivant à Paris n'était-il pas de s'amuser? S'est-il ennuyé? Non!, au contraire. Donc, Gardefeu a bien rempli sa mission. Toutes les portent s'ouvrent. Paraissent d'un côté la baronne, mesdames de Quimper-Karadec et de Folle-Verdure , de l'autre, Métella et Gabrielle. Elles se jettent au milieu des hommes qui se disputent. Tous se pardonnent mutuellement et la pièce se termine sur un hymne à la gloire de Paris (chœur "En cherchant dans la ville").

D'après Philippe Goninet

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