Les Matelots de la Dendre

Les Matelots de la Dendre

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Les artistes

Le Sire de Vergy

(Claude Terrasse)

 

 

 

Guy,Anna Tariol-Baugé,

Albert Brasseur (1903)

    Compositeur de véritables opéras bouffes, Claude Terrasse est considéré comme le véritable successeur d’Offenbach.

    De même que son modèle, il a su avec talent parodier une époque, ses mœurs, sans oublier les indispensables anachronismes. De son œuvre, trois grands titres se détachent : Les Travaux d’Hercule (1901), Le Sire de Vergy (1903) et Monsieur de La Palisse (1904).

    Le Sire de Vergy a été créé au théâtre des Variétés le 16 Avril 1903. Le livret, ingénieux et bouffon, sert l’une des meilleures partitions de Claude Terrasse. La distribution de la création était remarquable :Albert Brasseur (grand-père de Claude) était Coucy. Le corpulent Guy interprétait Vergy ; au bout de 60 représentations, il céda la place à Max Dearly. Le comique Claudius jouait Millepertuis, tandis que les deux captifs avaient au départ les visages de Prince et Max Dearly. Du côté féminin, on n’était pas en reste. Anna Tariol-Baugé (mère d’André) était Gabrielle et Jeanne Saulier, Yolande. Le rôle du page Fridolin était confié à Arlette Dorgère. Et il ne faut pas oublier Eve Lavallière (Mitzy) qui triomphait chaque soir en exécutant la danse du ventre et le pas du dromadaire.

 

 

Roger Pierre, Jean Richard,

Jean Marc Thibault (1952)

    Malgré son succès à la création, Le Sire de Vergy a été ensuite bien oublié. Le " Bruyas " ne cite aucune reprise parisienne jusqu’en 1952. Cette année-là, le petit théâtre de La Bruyère monta, avec une distribution réduite, mais inoubliable, le chef d’œuvre de Terrasse : Roger Pierre, Jean-Marc Thibault, Geneviève Kervine et dans le rôle du Sire de Vergy, Jean Richard. L’ouvrage était accompagné par un seul piano, mais sous les doigts experts de Jean Wiener ! Les décors étaient signés par le petit-fils du compositeur, Michel Terrasse.

 

 

Bouffes-Parisiens (2000)

    Il faut ensuite attendre le 21 avril 2000 pour que l’ouvrage retrouve la capitale. Au théâtre des Bouffes-Parisiens, la distribution réunit Fabienne Guyon, Jean-Paul Farré, Bernard Alane, Cerise, Dozier/Patrick Haudecœur,. Mise en scène d’Alain Sachs ; direction musicale, Patrice Peyrieras.


L'argument

    Nul n'ignore la triste histoire de Gabrielle de Vergy. Le Sire de Vergy se sachant trompé par sa femme, tua l'amant et fit offrir à l'épouse infidèle le cœur du mort sous l'apparence d'un met délicat.

    Les auteurs ont transformé la légende médiévale en une farce irrévérencieuse :

    Le Sire de Vergy, sa femme Gabrielle et le Sire de Coucy constituent le plus parfait ménage à trois que l'on puisse imaginer. Le seul souci de Vergy est d'être populaire auprès de ses vassaux. Tout aurait pu durer longtemps en l’état si un jour, Coucy ne s'avisait pas de trouver que Vergy, pourtant peu embarrassant, était de trop dans la partie.

    Comment se débarrasser de lui ? La croisade, bien sûr. Coucy réussit à convaincre Vergy, qui se sentait pourtant si bien au coin du feu, et voilà notre valeureux guerrier parti combattre les infidèles en compagnie d'un voisin, le baron de Millepertuis le plus brave et le plus gaffeur des hommes. Avant son départ, Vergy a la délicatesse de remettre à son ami Coucy la clé du fameux corset de fidélité de Gabrielle.

    Vergy est maintenant loin et pourtant Coucy n'est pas heureux. Ce personnage raffiné estime que l'absence du mari enlève du sel à la liaison. Coucy s'aigrit, les amants en sont aux paroles désagréables lorsque Vergy revient, accompagné de trois captifs, Macach, Coco et la princesse Mitzy qui ne sont en fait que trois bohèmes. Car Vergy s'est contenté d'aller faire la fête à Lyon où Mitzy est devenue sa petite amie. Ce qui ne l'empêche pas de raconter ses exploits guerriers.

    Millepertuis, qui est allé réellement en terre sainte, réapparaît en piteux état pour donner lecture de lettres où les infortunes conjugales de Vergy sont contées. Vergy et Coucy ne peuvent pas échapper au duel. N'ayant guère envie de se battre, ils se mettent d'accord à l'abri des témoins : Coucy s'éloignera et Vergy annoncera qu'il l'a tué. Et, pour respecter la légende, il offre à sa femme une petite tranche de veau qui est censée passer pour le cœur de son amant.

    Coucy réapparaît et l'on se pardonne bien volontiers. Le ménage à trois devient ménage à cinq : la princesse Mitzy trouve refuge dans le lit de Coucy, Gabrielle abandonne la clé de son corset au page Fridolin tandis que Vergy est content : il est toujours populaire.


Airs principaux

 

    Chœur d’entrée et Gabrielle : " Sous la douceur du ciel changeant " (Gabriel, Vergy, choeurs) ; " Hector de Vergy partant à la guerre " (Vergy, Gabrielle, Coucy)  ; " Je viens de te quitter " (Gabrielle) ; " Ah ! qu’il est doux de ne rien faire " (Gabrielle, Vergy) : Final I

    Farandole: " C’est aujourd’hui la fête " (chœur, Fridolin, Yolande) ; " Seigneur et vous les douze apôtres " (Yolande, Gabrielle) ; " Je suis le Sire de Coucy-Couça " (Coucy) ; Ensemble et " Par mon initiative " (Vergy, Gabrielle, Coucy) ; " Nous sommes les captifs " (Macach et Coco) ; Ensemble " Le désert intime " ; Ensemble " J’arrive tout droit de la croisade " ; Final II

    Ensemble " Nous venons par les halliers " ; " Il était une châtelaine " (Vergy et Coucy) ; Final III


Fuche technique

Le Sire de Vergy

    Opéra bouffe en 3 actes de Robert de Flers et Gaston Arman de Caillavet. Musique de Claude Terrasse. Création à Paris, théâtre des Variétés, le 16 avril 1903.

    Anna Tariol-Baugé (Gabrielle), Jeanne Saulier (Yolande), Arlette Dorgère (Fridolin), Eve Lavallière (Mitzy), Albert Brasseur (Coucy), Guy puis Max Dearly (Vergy), Claudius (Millepertuis), Prince et Max Dearly (les captifs)

Editions Durand (Max Eschig)


Discographie

Le Sire de Vergy

    Il n’existe aucune version discographique vinyle ou CD du Sire de Vergy. La seule version connue est celle diffusée par l’ORTF le 3 décembre 1971 (France Culture) avec Christiane Harbell et Jean Giraudeau et qui est restée dans les cartons de l’INA.

 Avec l'autorisation de l'ANAO, 62 rue Blanche, 75009 Paris 

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