Les Matelots de la Dendre

Les Matelots de la Dendre

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La Grande Duchesse de Gerolstein

(Offenbach)

 

Le premier acte nous transporte dans un campement de soldats, au milieu des tentes, dans la campagne. Des soldats, paysannes, vivandières, chantent et boivent gaiement (chœur "En attendant que l'heure sonne"). Fritz, un soldat, et Wanda, sa fiancée, se lamentent sur la condition du soldat ("Allez jeunes filles") : pour de faibles sommes, ils doivent aller braver les canons. Au moment le plus animé de cette fête, paraît le terrible général Boum, un énorme panache sur son chapeau, arrivant par la colline ; il s'arrête, indigné, lève les bras au ciel. Toutes les femmes s'enfuient car sa sévérité est connue ("A cheval sur la discipline"). Il se plaît à tourmenter Fritz car ils aiment la même personne : Wanda. Seulement, Wanda n'aime pas ce vieux général. Népomuc, l'aide de camp, vient annoncer au campement, non pas l'approche de l'ennemi comme le souhaiterait tant Boum, mais seulement l'arrivée de la Grande-Duchesse qui vient passer son régiment en revue. Fritz est mis en faction avec interdiction de bouger ; mais Wanda paraît et parvient à détourner la consigne ("Au diable la consigne!"). Ils s'embrassent au moment où le général revient. Un coup de fusil retentit, Wanda tombe dans les bras de Fritz, évanouie, qui l'emmène chez sa mère. Précédé par de nouveaux coups de fusil, le baron Puck - il avait oublié le mot d'ordre - vient s'entretenir avec Boum : politique, vie sentimentale de la Grande-Duchesse, partagent leurs propos. La souveraine doit prochainement épouser le prince Paul, le père de l'électeur Steis-Stein-Steis-Laper-Bott-moll-Schorstenburg, qui est accompagné du baron Grog, un habile diplomate. Elle refuse. Pourquoi? Aimerait-elle quelqu'un?, se demandent-ils, craignant pour leur carrière. On entend au loin des roulements de tambour. La cérémonie, préparée depuis longtemps, commence. Sur une musique militaire (chœur "Portons armes!, présentons armes!") entre, par le fond à droite, la Grande-Duchesse, vêtue du costume de son régiment, une cravache à la main. Derrière elle, viennent ses demoiselles d'honneur (Iza, Olga, Amélie et Charlotte), en amazones, puis un brillant état-major de jeunes officiers en uniformes éclatants. La souveraine passe devant le front des troupes en commençant par le fond ; arrivée au milieu, frappée par la beauté de Fritz, elle s'arrête et se remet difficilement. Elle chante sa joie de se trouver au milieu de ses hommes ("Ah! que j'aime les militaires!"). Elle demande au général, sourdement irrité, de faire avancer Fritz. Pour avoir bien répondu à ses questions, le voilà caporal. La discussion continue après que Boum ait fait rompre les rangs. Inquiets, Boum et Puck voient la souveraine s'entretenir avec Fritz. Cette fois, il devient lieutenant. Comme il fait chaud, on apporte des sorbets. Boum, selon une formule longuement préparée, invite son altesse à venir exécuter la chanson du régiment. Elle accepte (Puck la lui a apprise), mais, ô fureur, elle chantera avec Fritz. Boum refuse, allégant qu'un simple lieutenant ne peut chanter avec une reine ; elle le fait donc capitaine. L'air contraint, ils doivent s'incliner, et entonnent la chanson ("Ah! c'est un fameux régiment"). Népomuc revient, introduisant le prince Paul et le baron Grog. Elle veut bien recevoir le premier, mais pas le second, tout en ordonnant à Fritz d'aller mettre son uniforme de capitaine et congédiant les soldats. Les officiers supérieurs demeurent à ses côtés pour examiner le plan de bataille. Irritée, la Grande-Duchesse regarde le prince Paul venir vers elle. Il lui est plus insupportable que jamais. En habit de marié, un gros bouquet de fleurs d'oranger à la main, il espère décider sa future aujourd'hui. Tirant un journal de sa poche, il lui explique qu'il est la risée des chroniqueurs ("Pour épouser une princesse"), ce qui la fait éclater de rire. Revoilà Fritz, en capitaine. Le plan de campagne du général Boum va être examiné ; des soldats apportent une table et une carte géographique. Tous s'installent. Le principe est simple : "L'art de la guerre peut se résumer en deux mots : couper et envelopper". Ce plan fait ricaner Fritz qui ose donner son avis ; il en a le droit puisque la Grande-Duchesse vient de le nommer général et baron de Vermout-won-Bock-Bier, comte d'Avall-Vintt-Katt-Schopp-Vergismein-nicht, pour qu'il assiste à cette assemblée. Fritz va à l'ennemi tout droit. Pleinement convaincue, la souveraine le fait général en chef des armées. Il ôte le panache de la tête de Boum, furieux et désespéré. Puck constate, avec Boum et Paul, que le cœur de leur souveraine a parlé, mais ils jurent de se venger de ce Fritz. L'armée va partir (chœur "Nous allons partir pour la guerre"), le nouveau général est présenté, le sabre vénérable lui est confié non sans que la Grande-Duchesse ait jeté des regards furieux sur Wanda. L'armée gravit la colline, tambour battant (chœur fou "Je serai vainqueur/Il sera vaincu/Il sera vainqueur").

Au deuxième acte, dans une salle du palais, les demoiselles d'honneur sont assises et travaillent (chœur "Enfin la guerre est terminée"). Népomuc apporte le courrier et distribue les lettres apprenant la victoire de Fritz. Paul et Grog entrent, plein d'espoir d'être reçus par la Grande-Duchesse : ils ont une lettre d'audience. Népomuc vient annoncer en courant que Fritz est sur le point d'arriver, que la souveraine est "dans une joie, une joie, une joie". Le cortège (chœur "Après la victoire") ramène triomphalement Fritz, acclamé, qui raconte la bataille (Rondeau "Madame, en quatre jours, j'ai terminé la guerre"). Elle désire s'entretenir seule avec lui, augmentant ainsi l'indignation du trio Boum-Paul-Puck. Fritz est maintenant au sommet de la hiérarchie militaire. Mais il peut encore s'élever dans le civil : la Grande-Duchesse essaie de lui faire saisir qu'elle l'aime ("Dites-lui qu'on l'a remarqué, distingué"), mais Fritz n'y comprend rien : tous ces grades, ces honneurs, et maintenant il y aurait une femme qui l'aime? Mais il n'oublie pas Wanda, en dépit les avances pressantes de la souveraine. Népomuc fait irruption, lui communiquant un message très important du chef de sa police ; impatientée, contrariée, elle apprend la mauvaise conduite de Fritz : il a emmené en ville une jeune fille nommée Wanda. Furieuse, elle sort. Entrent mystérieusement par le fond, Paul, Boum et Puck. Après avoir éloigné Fritz, ils mettent au point un plan pour éliminer ce favori : celui-ci sera logé dans le pavillon de l'aile droite, là même où, autrefois, un autre favori, Max, fut assassiné ("Max était soldat de fortune"). Au grand ébahissement des conspirateur, paraît la Grande-Duchesse qui, elle aussi, veut se débarasser de ce gêneur.

Au troisième acte, dans la chambre rouge, une vieille salle gothique sombre, la Grande-Duchesse, puis Boum préparent l'assassinat de Fritz. Sur le parquet, une tache rouge leur rappelle la légende de Max ("O grandes leçons du passé"). Il y aura bientôt deux taches rouges... Elle laisse Boum, seul, lui conseillant de mener cette affaire promptement. Il ouvre la porte secrète, dissimulée dans un tableau ; paraissent, armés de poignards, Puck, Paul, Grog, Népomuc. La Grande-Duchesse vient leur rendre visite tout en vérifiant la lame de leurs poignards. Soudain, elle remarque Grog, ce diplomate qu'elle n'avait jamais voulu recevoir. Se rendant compte qu'elle a eu tort (c'est un très bel homme), une audience lui est immédiatement accordée. Très habilement, ce fin diplomate parvient enfin à lui faire accepter le prince Paul comme mari. Très tourmentée par ce nouvel événement, elle rappelle tous les conjurés : on ne tuera pas Fritz le jour où elle se marie, mais on peut jouer à ce dernier une petite farce, sans sortir des limites de la fantaisie. Le voici, au bras de Wanda, entouré de la cour, dames et seigneurs, portant des lanternes dorées (choeur "Nous amenons la jeune femme"). Fritz remercie le général Boum et ses amis pour leur bonne conduite, lesquels souhaitent, sur un ton mielleux, une bonne nuit aux époux ("Bonne nuit, monsieur, bonne nuit"). La nuit de noces commence mal ; Wanda est impressionnée par la prestance de Fritz ("Faut-il, mon Dieu, que je sois bête!"). Soudain éclate un violent roulement de tambour, accompagné de cris : "Vive le général Fritz!" ; il ouvre la fenêtre en leur jetant de l'argent. Quelques instants plus tard, une scène similaire se reproduit : une sérénade militaire retentit et on bombarde Fritz de bouquets. Au moment où il va embrasser sa femme, on frappe violemment à toutes les portes. Tous se précipitent dans la chambre (choeur "Ouvrez, ouvrez, dépêchez-vous") : l'ennemi, qu'on croyait en fuite, a fait un retour offensif. Fritz, devant partir sur le champ, s'habille en hâte ("A cheval, vite, monsieur le Général!") et confie Wanda à Boum. Le dernier tableau représente un camp, le même qu'au premier acte. La cour termine un grand déjeuner (choeur "Au repas, comme à la bataille"). On félicite le prince Paul de son mariage ; lui même en est encore époustouflé. La Grande-Duchesse descend de la colline, suivie de ses demoiselles d'honneur. Elle boit à la santé de la cour (Ballade à boire "Il était un de mes aïeux"). Mais elle est inquiète de ne pas voir le général Fritz. Boum lui expose alors sa plaisanterie : ayant l'habitude d'aller voir sa maîtresse, la dame de Roc-à-Pic, tous les mardis, Boum, aujourd'hui, ne devait pas y aller, car le mari est là. Fritz, au lieu de trouver l'ennemi, trouvera le mari et sa canne. D'ailleurs, le revoilà, en piteux état, le panache déplumé, le sabre tordu, tout effaré ("Eh bien, Altesse, me voilà!"). Il a compris qu'il s'agissait là d'une vengeance du général Boum, mais la souveraine n'accepte pas ses excuses : il est allé porter le trouble dans un ménage! ; accusé de trahison, il perd en quelques minutes tous ses grades et redevient simple soldat. Il donne même sa démission qui est acceptée. A qui la Grande-Duchesse va-t-elle confier maintenant ces grades et honneurs? Boum est pâle d'émotion à l'espoir de les retrouver. Mais, ô fureur, elle confie le sabre et le panache au baron Grog. Mais, apprenant qu'il est marié et père de plusieurs enfants, la capricieuse souveraine, avec énergie, lui reprend le panache, le rend à Boum, puis ordonne au baron de rentrer à la cour de l'électeur et de lui annoncer son bonheur d'avoir épousé le prince Paul. Tout finit bien : Fritz et Wanda, regagnant leur chaumière, promettent de faire des petits soldats, Boum a repris le commandement, et la Grande-Duchesse est mariée.

D'après Philippe Goninet

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