Les Matelots de la Dendre

Les Matelots de la Dendre

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Les Brigands

(Offenbach)

 

Le premier acte se passe dans un site d'une sauvagerie étrange, un paysage à la manière de Salvator Rosa : d'énormes rochers, des cavernes, un sentier descendant du haut de la montagne. Quelques brigands, dont Barbavano et Domino, entendent le son du cor ("Le cor dans la montagne a retenti trois fois") : la troupe revient de chasse (chœur "Deux par deux ou bien par trois"), guidée par Carmagnola qui conseille aux autres de se cacher s'ils veulent rire. En effet, voici un ermite vénérable suivi de huit jeunes paysannes dont Zerlina, Fiametta, Cicinella ("Déjà depuis une grande heure"). Cet ermite dévoile son vrai visage : c'est le terrible Falsacappa, chef des brigands, la terreur des environs. Ces femmes sont conduites dans la caverne tandis que Pietro, le bras droit du chef, paraît dans la montagne. Certains collègues désirent adresser à leur chef quelques observations : ils ne sont pas contents, leurs salaires sont dérisoires (un brigand, ancien banquier, s'est fait voleur pour gagner davantage, et il s'aperçoit qu'il gagne moins). Face à ces revendications, Falsacappa jure sur la tête de sa fille Fiorella de faire réaliser à la bande une opération fructueuse d'ici peu. Fiorella rentre à l'instant, poignard et pistolet à la ceinture, chapeau pointu sur la tête et la carabine sur l'épaule (Couplets "Au chapeau, je porte une aigrette") ; elle offre à son père, pour sa fête, un petit coffret : un petit gendarme saute à son nez quand il l'ouvre. Cette farce est de Pietro, mais il reste un présent plus fin : le portrait de sa fille. Celle-ci est inquiète de tous ces vols, surtout après le pillage d'un jeune fermier, Fragoletto. Elle était restée immobile, contemplant ce jeune homme. Falsacappa est inquiet ; il espère que cela lui passera. Des cris retentissent : des brigands amènent précisément ce jeune Fragoletto (chœur "Nous avons pris ce petit homme"). Fiorella se précipite entre eux pour le protéger, mais il se rend lui-même, non pas à Falsacappa, mais à sa fille, auxquels il communique une information importante ("Quand tu me fis l'insigne honneur"). Le chef est stupéfait : c'est une déclaration! Soit, Fragoletto pourra épouser Fiorella, mais Falsacappa préférerait pour gendre quelqu'un de sa condition, c'est-à-dire un brigand. Qu'à cela ne tienne, Fragoletto veut s'engager dans la bande. Tous partent pour vérifier de quoi ce jeune homme est capable. Pietro reste seul avec Fiorella. Pietro n'a guère le temps d'achever l'histoire de voleurs qu'il vient de commencer ; un jeune prince, en costume de cheval fort élégant, paraît sur la montagne. Pietro, n'admirant que la richesse de son habillement, s'éloigne en promettant de revenir avec un guide, car ce voyageur est égaré. Fiorella lui révèle qu'elle est la fille d'un chef de bandits ; s'il ne part pas, il est perdu. Un peu mécontent, car il admire passionnément Fiorella, il écoute ses conseils (rondeau "Après avoir pris à droite") et se sauve très rapidement. Au moment où il disparaît, Falsacappa et ses hommes surgissent. Son père est furieux ; sa fille vient encore d'être touchée par un de ces scrupules, le même que la veille, avec Fragoletto. Ce dernier revient (chœur "Ce petit est un vrai luron"), tenant un courrier de cabinet ("Falsacappa voici ma prise"). Il a donc triomphé des épreuves liminaires. Falsacappa examine le contenu de la valise du courrier : des dépêches et le portrait de la princesse de Grenade. Il y est dit en substance que la cour de Mantoue doit payer trois millions à la cour de Grenade ; cette somme sera remise à la personne qui accompagnera la princesse. Refermant la valise avec ses précieuses missives, tout en y insérant le portrait de sa propre fille à la place de celui de la princesse, Falsacappa ordonne au courrier de poursuivre son chemin. Ce chef est heureux : il vient de trouver une idée ingénieuse qui permettra à la bande d'encaisser trois millions. Tandis que la nuit envahit lentement le camp, on se prépare pour la cérémonie qui fera de Fragoletto un compagnon nouveau et efficace (chœur "Pour cette cérémonie"). Après avoir prêté serment, on apporte lui apporte le manteau, le chapeau, le poignard et la carabine, symboles et apanages des brigands ("Jure d'avoir du courage"). Pendant ce temps, des brigands vont chercher deux tonneaux ; on boit et l'orgie commence (chœur "Grisons nous tous"), interrompue quelques instants par une patrouille de carabiniers (chœur "Nous sommes les carabiniers"), ces fameux carabiniers qui arrivent toujours trop tard.

Au deuxième acte, tous les marmitons et employés de l'auberge "Aux frontières naturelles" se réjouissent (chœur "Les fourneaux sont allumés") ; Pipo, l'aubergiste est heureux de s'être établi à cet endroit, juste au milieu de la route qui mène de Grenade à Mantoue. Ils attendent les ambassades. Mais, au moment où Pipo se retourne pour aller à ses affaires, il se trouve nez à nez avec Pietro et Fragoletto, bizarrement accoutrés (canon "Soyez pitoyables"), puis, surgissant respectivement de tous côtés, Falsacappa, Fiorella, Zerlina, Fiametta, Bianca, Cicnella, et toute la troupe, barrant la route à Pipo. Falsacappa se fait reconnaître devant les aubergistes atterrés ; c'est bien ici que doivent venir les gens envoyés par le duc de Mantoue au devant de sa jolie fiancée, la princesse de Grenade. Tandis qu'on va enfermer Pipo et toute sa famille à la cave, l'état-major des brigands médite sur l'organisation de l'affaire ; Fiorella réclame pour seule récompense son Fragoletto (duetto "Hé la! hé la! joli notaire!"). Fragoletto part chercher les costumes des marmitons, et Carmagnola de s'embusquer sur la route de Mantoue. Pietro, cependant confie ses inquiétudes à son chef, et regrette le bon vieux brigandage tout simple de jadis. De nos jours, voler trois millions n'est chose facile. Falsacappa lui rappelle le principe : se substituer aux marmitons pour recevoir des gens qui viennent de Mantoue, puis se substituer aux gens de Mantoue pour recevoir les gens qui arrivent de Grenade, et enfin, se substituer aux gens de Grenade pour aller à la cour de Mantoue toucher les trois millions… Voilà la première étape terminée : les brigands sont déguisés en marmitons, tout en gardant à la ceinture pistolet et poignard. Ils imaginent l'accueil d'un voyageur (trio "Arrête-toi, viens, je t'en prie"). Carmagnola, essouflé, vient annoncer l'arrivée de l'ambassade. Tous les faux marmitons arrivent (chœur "Nous arrivons"), avec leurs vestes blanches, leurs bonnets de coton, leurs longues moustaches et leurs pistolets, en essyant au mieux de dissimuler leur figure patibulaire. L'ambassade de Mantoue entre en grande pompe, conduite par le baron de Campo-Tasso et escortée par des carabiniers ("Nous avons ce matin tous deux, été mandés par son Altesse"). Le baron trouve ces marmitons assez étranges, tandis que la capitaine des carabiniers affirme avoir taillé en pièces Falsacappa. Ce dernier, voyant le temps passer, bouscule Campo-Tasso et sa suite, les font entrer de force dans l'auberge. A cet instant paraissent les Espagnols (chœur "Grenade, infante des Espagnes"), en jouant du tambour de basque et des castagnettes : Gloria-Cassis, le précepteur, la Princesse, Adolphe de Valladolid (son page), des seigneurs et dames de la cour. L'auberge semble déserte ; Gloria-Cassis est furieux : jamais on ne s'est moqué à ce point de la morgue espagnole! Une des fenêtres de l'auberge s'ouvre et Falsacappa paraît sur le balcon en train de s'habiller ; il a déjà l'habit et la cuirasse du capitaine. Bientôt rejoint par Pietro, ils s'excusent lourdement. Gloria-Cassis, excédé, révèle alors à la princesse pourquoi elle doit épouser le prince de Mantoue : c'est pour régler une dette financière… Et c'est lui, comte de Gloria-Cassis, qui doit percevoir les trois millions. La fausse ambassade de Mantoue entre, et dans quel état! : Falsacappa porte le costume du chef des carabiniers, mais sans les bottes ni la culotte ; il n'a que le casque, l'habit rouge et la cuirasse, mais cette dernière est à l'envers et n'a qu'une seule épaulette. Ils se présentent devant l'ambassade de Grenade, médusée. Fiorella et Fragoletto viennent annoncer à la princesse que ses appartements sont préparés. Ils racontent, sur la demande d'Adolphe, comment ils se sont aimés ("Vraiment, je n'en sais rien, Madame!"). Falsacappa, brusquement, font entrer violemment dans l'auberge (chœur ). A cet instant paraissent les Espagnols (chœur "Grenade, infante des Espagnes"), en jouant du tambour de basque et des castagnettes : Gloria-Cassis, le précepteur, la Princesse, Adolphe de Valladolid (son page), des seigneurs et dames de la cour. L'auberge semble déserte ; Gloria-Cassis est furieux : jamais on ne s'est moqué à ce point de la morgue espagnole! Une des fenêtres de l'auberge s'ouvre et Falsacappa paraît sur le balcon en train de s'habiller ; il a déjà l'habit et la cuirasse du capitaine. Bientôt rejoint par Pietro, ils s'excusent lourdement. Gloria-Cassis, excédé, révèle alors à la princesse pourquoi elle doit épouser le prince de Mantoue : c'est pour régler une dette financière… Et c'est lui, comte de Gloria-Cassis, qui doit percevoir les trois millions. La fausse ambassade de Mantoue entre, et dans quel état! : Falsacappa porte le costume du chef des carabiniers, mais sans les bottes ni la culotte ; il n'a que le casque, l'habit rouge et la cuirasse, mais cette dernière est à l'envers et n'a qu'une seule épaulette. Ils se présentent devant l'ambassade de Grenade, médusée. Fiorella et Fragoletto viennent annoncer à la princesse que ses appartements sont préparés. Ils racontent, sur la demande d'Adolphe, comment ils se sont aimés ("Vraiment, je n'en sais rien, Madame!"). Falsacappa, brusquement, réitère l'invitation. Les brigands se précipitent sur les Espagnols et les font entrer violemment dans l'auberge (chœur "Entrez là, plus vite que ça!"). Falsacappa jubile : son plan fonctionne parfaitement : "ils entrent dans leur chambre, ils se couchent et s'endorment. Nous, au bout d'un quart d'heure, nous crochetons les serrures, nous prenons leurs habits, et après… " (chœur "Tous, sans trompette ni tambour"). Mais soudain, tout change : les carabiniers se sont réveillés, ainsi que Pipo qui sort de la cave par le soupirail en criant de le défendre contre Falsacappa. Les Espagnols sortent de leurs chambres, terrifiés. Au milieu de ce tumulte, entre de tous côtés le reste des brigands. Les carabiniers, complètement gris, sont hors d'état de se battre et fraternisent avec les brigands. Les Espagnols sont faits prisonniers.

Au troisième acte, les brigands sont prêts pour aller chez le duc de Mantoue. Dans une grande salle très riche, ornée d'une table ovale somptueusement servie, le duc de Mantoue, la Marquise, la Duchesse et autres personnes de la cour, terminent le souper (chœur "C'est l'aurore, fêtons l'aurore"). Les domestiques viennent enlever la table au moment où le prince va exécuter une chanson pour ces dames qui regrettent son départ ("Jadis régnait un prince"). Il leur explique que la raison d'Etat, et rien d'autre, l'oblige à se marier. Sur l'ordre du prince, le caissier paraît, portant un grand livre de caisse. Ce personnage a l'air très fatigué : il a en effet passé la nuit à chercher une erreur de deux centimes. Mais on comprend bien que cet homme aime mieux les femmes que les chiffres, comme il l'explique de sang-froid au public : il ne reste dans les caisses de l'Etat, que 1283 francs et 25 centimes. Il a mangé tout le reste avec des femmes ("O mes amours!… ô mes maîtresses!"). Calmement, il espère que l'envoyé espagnol sera un homme d'esprit qui se contentera d'un bon billet de mille francs. Les portes du fond s'ouvrent, laissant approcher la fausse ambassade de Grenade (chœur "Voici venir la princesse et son page") ; les brigands sont un peu mieux habillés qu'au deuxième acte, mais conservent toujours cet air étrange. Soudain, Fiorella reconnaît le prince, ce jeune homme qu'elle avait sauvé dans la montagne, au premier acte. Le prince la dévisage aussi, mais hésite. Falsacappa, mis au courant, commence à s'inquiéter et s'interpose rapidement, exigeant la remise de la somme convenue. Resté seul avec le caissier, Falsacappa doit bien se rendre compte que cet employé n'a pas le sou. Au moment où il va l'étrangler, paraît la vraie ambassade de Grenade, celle que les brigands avaient sequestrée dans l'auberge. Ils s'avancent, menaçant, les bras tendus vers les brigands qui vont être pendus. C'est Fiorella qui sauve la situation ; rappelant au prince qu'il lui doit la vie sauve, elle demande l'amnistie générale, ce qui est accordé dans la liesse la plus folle.

D'après Philippe Goninet

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