Les Matelots de la Dendre

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Claude Terrasse

(1867 - 1923)

Claude Terrasse, né le 27 janvier 1867 à L'Arbresle dans le Rhône et mort le 30 juin 1923 à Paris, est un compositeur français d'opéras et d'opérettes.

Biographie

Né en 1867, à L'Arbesle proche Lyon, Claude Terrasse devait montrer les plus précoces dispositions musicales. Elles le menaient à être, à l'Ecole Niedermeyer, l'élève de Gigout. Au sortir de celle-ci, il s'assure une situation aux Dominicains d'Arcachon, il y tient l'orgue, y écrit de pieux cantiques et s'ennuie. Mais l'un de ses cantiques fait un jour rire le bon Gounod : " Non ! Quel bon refrain bouffe cela ferait ! Essayez-vous à l'opérette. " (Ne prétend-on d'ailleurs que l'écho de ce cantique-là devait s'entendre plus tard dans Le Sire de Vergy ?)

D'Arcachon, Claude Terrasse passe à Paris, où ses obligations de maître de chapelle à la Trinité ne l'empêchent d'écrire des chansons (on n'ose dire des mélodies) sur des textes (on n'ose dire des poèmes) de ce Franc-Nohain dont les Intentions et Sollicitudes viennent de sortir : à en retenir 1es trois Chansons de la Charcutière. C'est vers la même époque qu'il donne aussi un Panthéon-Courcelles, d'après Courteline ; une Heure du Berger, à la Bodinière ; un Amour en Bouteille aux Folies-Parisiennes et enfin, en 1896, la musique de scène (avec sa très fameuse " Chanson du Décervelage ") pour l'Ubu Roi, d'Alfred Jarry. Qu'est cela cependant à côté de La Petite Femme de Loth qui, aux Mathurins, allait apprendre le nom de Claude Terrasse aux gommeux du Boulevard et bientôt au grand public ? Livret savoureux de Tristan Bernard ; savoureuse musique, dont une récente reprise a montré qu'en soixante ans elle n'avait pris que rides heureuses.Alfred Jarry, Courteline et Tristan Bernard devaient singulièrement servir Claude Terrasse. A leur suite, de Flers et Caillavet vont ouvrir la série de ces petites pièces grâce auxquelles, pendant six ou sept ans, " il ne va y en avoir que pour lui ". On le prouve.

1901.—C'est en l901, aux Bouffes, le long éclat de rire des Travaux d'Hercule, travaux publics, travaux privés et galants. D'emblée et d'unanime opinion, Flers et Caillavet évoquent Meilhac et Halévy, tandis que Terrasse rappelle Offenhach et que ces Travaux d’Hercule renouent avec Orphée aux Enfers.

1902.—C'est en 1902, aux Capucines, l'enchantement tout blanc (la scène est chez une lingère à la Degas) de Chonchette (mêmes librettistes). Toute une saison de Belle Epoque, Paris adapte la " Valse du beau Linge ". Mais aux Mathurins encore, et sur un prétexte de Franc-Nohain, 1902, c'est aussi La Fiancée du Scaphandrier.

1903.—1903, c'est tout à la fois et à ses deux bouts , aux Capucines et avec Franc-Nobain toujours, La Botte secrète et Péché véniel avec sa capiteuse " Valse des Péchés ", des véniels et des autres, des " gros péchés mortels ". Avec celle du " Beau Linge " déjà dite, pareille valse dont la séduction n'est pas éventée suffirait à la notoriété posthume de l'auteur.

Enfin 1906, c'est Pâris, le bon Juge ; 1907, L'Ingénu libertin ; 1908, Le Coq d'Inde et Le troisième Larron. En pareils états de service une lacune se montre pourtant : 1904-1905. Mais 1904, c'est l'année de Monsieur de La Palisse et l'année d'avant-d'avant (non d'après), celle du Sire de Vergy.

Si étonnant ou si invraisemblable même que cela pût paraître, l'opérette française, la grande se trouvait alors menacée d'une crise de défaveur. En voyant les Nouveautés se convertir au vaudeville, l'Athénée verser dans la comédie et les Menus-Plaisirs s'abandonner au drame réaliste, nuance Théâtre Libre jusqu'à en devenir le Théâtre d'Antoine, Catulle Mendès n'était pas loin de s'écrier : " Apollon soit loué ! L'opérette se meurt ! Elle se meurt, elle est morte ! " Ce à quoi Fernand Samuel répondait, magnifique : " Elle vit, Dieu merci ! " et d'une vie dont il prétendait faire la preuve en lui donnant, aux Variétés, face à la Gaîté et aux Bouffes, un temple neuf. Avec magnificence et munificence, il y faisait revivre La Vie Parisienne et Barbe-Bleue, L'Œil crevé, La Fille de Mme Angot et Le Petit Duc ; il y montait Le Sire de Vergy et Monsieur de La Palisse.

Vergy, Sire de Couci-Couça, avant de faire manger un chaud-froid de veau à son adultère épouse au lieu du traditionnel cœur-de-son-amant, Vergy court le guilledou à Montmartre, alors qu'on le croit en Terre sainte où Gabrielle et tout le monde avec elle l'ont d'abord expédié d'un unanime : " Partez, partez vite ! " Ce à quoi Vergy a répondu par un : " Vos larmes, vos prières ne pourront me retenir. " " C'est assommant, a conclu le chœur. Filez ! il n'est que temps ! " Et de près, pareille scène en rappelle une autre qui est d'Offenbach, tandis que c'est à Offenbach que s'égale la fameuse valse : " Rien n'est plus joli qu'un joli duo. Si ce n'est un joli trio " qu'amène la caresse de la belle phrase-à-retenir : " Sous la douceur du ciel changeant. "

De son côté, Placide de La Palisse, de sa ferme de Touraine où, à l'abri des surprises de l'amour il joue au premier philosophe de France, se laisse entraîner en une Espagne à ollé ollé et à châteaux espagnols (d'où la Valse) par une passante à ibérique tempérament. Et là aussi, certain duo Inesita-La Palisse prend place parmi les modèles du genre : c'est celui où "amour et baiser " se remplacent par " fauteuil et tambour ". Vergy rappelait Barbe-Bleue. La Palisse aussi. Bref, Barbe-Bleue deux fois. Et deux fois Offenbach. Mais cela, on l'avait dit une fois pour toutes à la première des Travaux d'Hercule. Comme on devait dire plus tard : " Terrasse, le Berlioz de l'opérette française. " Ceci parce que estivalement Dauphinois et féru de chansons dauphinoises, il n'est point impossible d'en retrouver l'écho spirituel dans son œuvre, mais aussi par certaine couleur un peu voyante, par certains placages sonores qui ne sont pas sans le distinguer du premier maître de l'opérette . Sans doute n'est-il pas loin d'avoir sa joie et son entrain, son outrance débridée et sa pointe de sentiment : il sait le sourire qui naît de la grâce à la drôlerie accouplée. A tout quoi, il ajoute un nouveau jeu musical : celui que lui impose les jeux verbaux de Franc-Nobain, ce par quoi il ne peut que se rapprocher d'Hervé comme il ne peut que préfigurer, d'aussi loin qu'on voudra, le Ravel de L'Heure espagnole. Cependant quelque chose lui manque. Ne parlons point de la verve que Rabelais exigerait : ses cinq actes sur Pantagruel (Lyon, 1911) ne sont qu'une demi-réussite. Ce qui lui manque davantage peut-être, c'est une façon d'actualité. Y eut-il jamais, en musique d'opérette " musique de l'avenir " ? En sa plus neuve nouveauté, celle de Claude Terrasse était déjà quelque peu du passé ou du moins en donnait-elle injustement l'impression en les œuvres longues surtout, lesquelles sont longues en tous les sens : Claude Terrasse n'est qu'un petit maître et de petites choses. Son Sire de Vergy pour réussi qu'il fût, ne dépassa point cinquante soirs ; on reprenait après plus de cinquante ans, sa Petite Femme de Loth.

L'année de Pantagruel (1911), l'Apollo montait ses Transatlantiques qui n'étaient pas loin de rester au port. Cartouche, l'année d'après, faisait long feu. Et Miss Alice des P.T.T. ne parvenait à donner durablement la communication au public. I1 est vrai, qu'en 1911, l'Apollo n'était depuis la veille qu'à l'opérette viennoise.

On n'a jamais tout dit. Outre une petite Sonate pour le piano (1899) ; un Trio humoristique pour cordes (1913) ; Vingt-quatre petits Préludes dans tous les tons majeurs et mineurs (1909), lesquels enfonçaient Jean-Sébastien (ils étaient sur cinq notes !) ; outre deux Messes et quelques Motets, il faudrait encore ajouter un Cochon qui sommeille, opérette qui s'endormit en 1918 aux triomphants records de Phi-Phi, et enfin deux tentatives pour conquérir l'Opéra-Comique. Une petite avec Les Lucioles (1910), ballet fait de variations sur " Au Clair de la Lune ". Une grande avec Le Mariage de Télémaque (même année) de Jules Lemaître et Maurice Donney qui, avec deux reprises - celle de 1913, celle de 1921 - totalisa cinquante représentations. Cinquante : autant que Le Sire de Vergy. Ce Mariage de Télémaque est sans doute au répertoire Favart une œuvre mineure, mais de tel charme, de séduction telle que René Dumesnil a raison de faire place à " Pour plaire à la divine Hélène " en l'anthologie des chefs-d'œuvre de la musique légère française.

Claude Terrasse disparaissait à Paris en 1923.

Œuvres

 


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7801 ATH – Chaussée de Valenciennes, 195

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