Joseph Szulc

(1875 - ?)

 

Pendant plus d'un quart de siècle, Henri Szulc (1836-1903) fut chef d’orchestre à l'Opéra de Varsovie Comme on y fêtait ses noces d'argent avec la musique, il donnait, avec ses six fils, le Septuor de Beethoven et un Trio de celui-ci avec l'un de ceux-là et l'un de ses petits-fils, son préféré, Joseph-Zygmund (1875). Venu en France, ce Joseph Szule travaillait avec Massenet avant de sortir du rang avec un ballet Une Nuit à Ispahan monté par la Monnaie. En même temps, il donnait à l'Alhambra de Bruxelles l'opérette Flup qui, la tourmente de 14 évanouie, passait à Bataclan. Cette œuvrette était bien dans son esprit, un esprit léger, amusant, et qui, comme sans effort, avait pris l'air de Paris, Ainsi les Capucines parisiennes montaient-elles successivement de lui Mannequins (1925), Divin Mensonge et Couchette n° 3 (1929), trois œuvrettes qui le menaient aux Bouffes avec Flossie, son " chef-d'œuvre" (1929) à moins que ce ne soit Flup ; puis des Bouffes au Châtelet avec deux " grandes opérettes " : Sidonie Panache (1930) et Le Coffre-fort vivant (1931) ; enfin du Châtelet à Mogador avec Mandrin (1934) qui est sans doute sa plus ambitieuse entreprise. Encore que réussie, ne peut-on lui préférer la partition avec laquelle il revenait aux Capucines en 1945 : Pantoufle ?

 

Joseph Szulc fut un musicien dans un sens plus large qu'on ne le pourrait supposer : il gardait devers lui cent mélodies qu'on n'entendit point, mais que les initiés jugeaient exquises, alors que ce n'était que des fox-trots qu'on attendait de lui au point qu'il passait pour en être le spécialiste n° 1.

 

D'après J. Bruyr, L'Opérette (Que sais-je ?)