Richard Rodgers

(1902-?)

Né à Hammels Station (Long-Island) en 1902, R. Rodgers passe pour avoir été pianiste à quatre ans. A quatorze, le Very good Eddie de Kern le révèle à lui-même. De 1925, sa première opérette : The Garrick Gaieties qui le met, son librettiste d'élection Lorenz Harz et lui, en selle. Dearest Ennemy (1926) sonne le départ. A Connecticut Yankee (1927) annonce l'out-sider : s'inspirant de Mark Twain, il retrouve son esprit. Cet esprit s'attaque au monde des movies dans America's Sweeheart (1931) et à celui du ballet dans On your toes (1937). Viennent à la suite trois succès révolutionnaires apportant " novelty, surprise and freschness ". Ce sont :

1. l married an Angel (1938) d'après un conte hongrois.

2. The Boys from Syracuse (1939), d'après la Comedy of Errors de Shakespeare, et contenant une valse : " Falling in love with love. "

3. By Jupiter (1942), qui met en scène la Guerre des Amazones.

A ce point la fortune de Rodgers put paraître compromise. Elle allait commencer : si Lorenz Harz disparaissait, Oscar Hammerstein II reformait aussitôt avec lui, un team qu'on devait dire " national ". Ceci avec un livret qu'il avait offert à Kern : celui d'Oklahoma. Avec la musique de Rodgers, Oklahoma marquait " the most profond change of musical comedy ", jusqu'à ouvrir, à la date du 31 mars 1943, " une ère nouvelle du théâtre musical ". D'après le Green grow the lilacs de Linn Riggs, qui n'avait eu qu'une fortune sans lendemain, c'était une histoire à bons sentiments se déroulant dans le cadre à cow-boys des territoires indiens de l'Ouest, à la fin du siècle. Les matins y sont plus beaux qu'autre part : " Oh ! What a beautifui morning " — et plus candide que n'importe où le désir de l'amour : " Out of my dream. " Bref, ce qu'on fait de plus anodin en même temps que de plus enlevant comme fleur bleue du ranch ou comme marguerite effeuillée de la Prairie : avec ses faciles mélodies à lointains échos de folklore, voire avec ses pages émouvantes, comme les funérailles du vieux Joe, Oklahoma a une fraîcheur de nature et de jeunesse justifiant son étourdissant succès. Ce succès. Carrousel (1945), d'après le Liliom de Molnar, devait le concurrencer, du moins en Amérique où deux pages y eussent suffi : le Soliloquey de Billy et le duetto " If l love you ". Après quoi, il devait encore y avoir un Allegro (1947), un South Pacific (1949), un King and l (1951), un Me and Juliet (1953), un Pipe Dream (1955) enfin.

 D'après J. Bruyr, L'Opérette (Que sais-je ?)

 

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