Les Matelots de la Dendre

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Jacques Offenbach

(1819 - 1880)

Biographie

Le 20 juin1819, Jacques Offenbach - de son vrai nom Jacob Eberst - voit le jour à Cologne dans une famille musicienne dont il est le septième enfant et qui en comptera dix. Son père, Isaac, originaire d'Offenbach, près de Francfort-sur-le-Main, est venu s'installer à Cologne en tant que professeur de musique et il enseigne, en particulier, le chant, le violon, la flûte et la guitare. Il est aussi musicien ambulant, relieur et chantre à la synagogue. Plus tard, le futur père de l'opérette prendra le nom d'Offenbach en souvenir de ses origines paternelles et échangera son prénom de Jacob pour celui de Jacques. De très bonne heure, il révèle de belles dispositions pour la musique et son père lui apprend le violon. Seul, le petit Jacques - donnons-lui de suite ce prénom - s'initie au violoncelle et se perfectionne auprès du professeur Joseph Alexander pour devenir par la suite un brillant virtuose. En 1835, en compagnie de son père et de son frère aîné Julius, également musicien, il arrive à Paris pour continuer ses études. Malgré ses origines étrangères et son jeune âge, l'exigeant directeur Luigi Cherubini (1760- 1842), compositeur florentin naturalisé français, l'admet au Conservatoire National de Musique, dans la classe du professeur Vaslin, pour suivre les cours de violoncelle. Élève indiscipliné, un an plus tard, Jacques Offenbach quitte cette «vénérable maison» et entre comme violoncelliste dans l'orchestre du Théâtre de l'Ambigu ; puis il passe dans celui de l'Opéra-comique (Salle Favart).

Avec Jacques-Fromenthal Halévy, compositeur entre autres de La Juive et oncle du librettiste Ludovic Halévy, Offenbach étudie la composition musicale. Afin de se faire de l'argent de poche, et sur recommandation du compositeur allemand Friedrich Von Flotow (1812-1883), à qui on doit l’opéra-comique Martha, il se produit dans différents salons pour interpréter de petites valses de sa composition. Sa première œuvre lyrique, Pascal et Chambord, est créée, sans succès, le 2 mars 1839 au Palais-Royal.

Le jeune compositeur délaisse le théâtre lyrique pendant huit années pour donner des récitals de violoncelle en Angleterre, Autriche et Allemagne.

Après s'être converti au catholicisme, en 1844, Jacques Offenbach épouse Herminie d'Alcain qui le rendra père de quatre filles et d' un garçon.

A partir de 1849, le poste de chef d'orchestre lui est confié à la Comédie-Française. C'est de cette année que date son premier succès avec la musique de la Chanson de Fortunio écrite pour la comédie Le Chandelier d'Alfred de Musset (1810-1857). Remis à la composition musicale d'œuvres lyriques, Offenbach ne parvient cependant pas à faire représenter ses opérettes. En 1853, une salle privée – la salle Hertz - monte enfin Le Trésor à Mathurin. Deux ans plus tard, le maître acquiert un petit théâtre – la salle Lacaze - sur les Champs-Élysées et le baptise du nom de Bouffes-Parisiens. Le 5 juillet 1855, l’opérette Les Deux Aveugles y triomphe et tiendra l'affiche durant une année. Suivant le règlement du théâtre en vigueur, maître Jacques ne peut monter que des opérettes en un acte de sa composition et avec trois ou quatre personnages .

Travailleur infatigable, il assume lui-même les fonctions de directeur de troupe, de répétiteur d'orchestre et de metteur en scène. A cette époque, Offenbach rencontre Hortense Schneider, venant du théâtre d'Agen pour mener une carrière à Paris, et il la fait débuter dans Le Violoneux. La jeune cantatrice connaît son premier grand triomphe. Hortense et Jacques sont bien partis pour faire, ensemble, un bon bout de chemin... lyrique. Quelques mois plus tard, Offenbach transfère les Bouffes-Parisiens dans le théâtre Conte qui s'ouvre sur le Passage Choiseul. Dans cette salle, un grand nombre des ouvrages les plus populaires du Mozart des Champs-Élysées, comme l'appelait Wagner, affronteront les feux, de la rampe. Le compositeur est toujours astreint à présenter des ouvrages avec un maximum de quatre personnages. L'autorisation lui étant finalement accordée pour monter des ouvrages plus importants, le 21 octobre 1858, le Maître procède à la création d'Orphée aux Enfers, sa première grande opérette. Les débuts sont laborieux et après avoir subi plusieurs remaniements, cet ouvrage finit par triompher et restera à l'affiche durant 228 représentations consécutives.

Grâce à l'intervention au Duc de Morny, en 1860, Offenbach est naturalisé français.

Quelques succès, entre autres Le Pont des soupirs, et un échec avec l'opéra-comique Barkouf monté à la salle Favart, nous amènent en 1864, année où débute une période faste pour le père de l'opérette française qui rencontre la jeune cantatrice Zulma Bouffar avec qui il entretiendra une liaison longue et discrète. Le trio Offenbach-Meillac-Halévy va produire ces grands chefs-d'œuvre que sont La Belle Hélène (1864), Barbe-Bleue (1866), La Grande-duchesse de Gérolstein (1867) et La Périchole (1868) avec Hortense Schneider en vedette ainsi que La Vie parisienne (1868) et Les Brigands (1869) avec Zulma Bouffar comme tête d'affiche.

En. 1866, Offenbach quitte les Bouffes-Parisiens ; désormais, ses œuvres seront montées sur d'autres scènes de la capitale : les Variétés, le Palais royal, Marigny ...

Jacques Offenbach règne musicalement sur le Second Empire et sa cour. Mais, arrive 1870 et la fin de Empire et de la grande période offenbachienne. Bien que naturalisé français, le Maître est l'objet d'attaques xénophobes. Traité de Prussien de cœur, au début de 1871, il prend le chemin de l'Espagne, mais rentre à Paris durant l'été.

De 1872 à 1876, la direction du théâtre de la Gaîté Lyrique est entre les mains de Maître Jacques qui se remet à composer. Hélas ! ... une grande partie de son inspiration semble disparue avec l'Empire.

Des œuvres telles que Madame l'Archiduc (1873), La Créole (1875) et Madame Favart (1878) sont loin de connaître les faveurs du public contrairement aux versions remaniées de La Périchole et d'Orphée aux Enfers.

Les œuvres montées à grands frais à la Gaîté Lyrique finissent par ruiner Offenbach qui est contraint, en 1876, d'abandonner la direction de ce théâtre et de vendre une partie de ses biens. Malgré les soucis que lui cause une santé de plus en plus déficiente, le Maître s'embarque pour les Amériques. Sa tournée sera triomphale. De retour en France, nonobstant une goutte qui le fait atrocement souffrir, Offenbach s'attaque à la composition d'une nouvelle opérette, La Fille du Tambour-major, créée avec un remarquable succès, le 13 décembre 1879, sur la scène des Folies Dramatiques. D'un seul coup, Jacques Offenbach est remis sur son piédestal et triomphe à nouveau !

Le compositeur souffre davantage mais, cependant, il aborde Les Contes d’Hoffmann, une œuvre qui lui tient énormément à cœur et pour laquelle il veut donner le meilleur de lui-même. Le 4 octobre 1880, son état s'aggrave. Mandé à son chevet, le docteur Heurteloup déclare formellement : «Plus d'espoir ». Dans la nuit du cinq, à trois heures, le Maître pousse un râle, porte une main à son front puis à son cœur. Herminie se penche sur le corps de son époux : Jacques Offenbach venait de mourir.

Les funérailles ont lieu le 7 octobre avec un service religieux célébré en l'église de la Madeleine comme pour celui de Frédéric Chopin, auparavant, et comme il en sera de même pour ceux de Camille Saint-Saëns et Gabriel Fauré. Les voix de Jean-Baptiste Fauré et de Jean Talazac se font entendre. La Chanson de Fortunio s'exhale du grand orgue. Touchante pensée ...

Après la messe, le cortège ne se rend pas directement au cimetière Montmartre. Il emprunte les Grands Boulevards pour que le Maître puisse saluer une dernière fois ses chers théâtres des Bouffes et des Variétés.

Des célébrités officielles se sont jointes à la famille pour accompagner le compositeur dans son dernier voyage. On reconnaît entre autres les écrivains Henri Meillac et Ludovic Halévy, amis et librettistes attitrés du Maître, ainsi que Victorien Sardou, les compositeurs Johann Strauss fils, Ambroise Thomas, Jules Massenet, Charles Lecocq et Robert Planquette, des artistes lyriques parmi lesquels figurent Berthelier et une dame vêtue de noir et en pleurs sous un voile épais, c'est Hortense Schneider, venue rendre un suprême hommage à un génie musical, ce maître et ami à qui elle doit tout et en particulier la gloire et la fortune. D'innombrables amis sont également dans le cortège ou parmi la foule silencieuse, recueillie et massée sur les trottoirs pour dire adieu au Mozart des Champs-Élysées.

Quant à la création de l'ultime ouvrage du compositeur, Les Contes d’Hoffmann, elle aura lieu le 10 févier 1881, à l'Opéra-comique, sur une orchestration d'Ernest Guiraud.

Plus d'une centaine d’œuvres lyriques sont signées de la main de Jacques Offenbach, un grand et authentique musicien qui, sans cesse, manifesta infiniment d'intelligence, de verve, d'humour et de tendresse dans une musique joyeuse, expressive, brillante, toujours jeune et exempte de toute banalité.

Tant de succès renouvelés ont fini par engendrer la jalousie et la médisance chez d'autres musiciens et Offenbach fut classé dans la catégorie des amuseurs.

Dire qu'il fut « l'amuseur public du Second Empire » est très péjoratif. Mieux vaut, comme Richard Wagner, reconnaître qu'il fut le « Mozart des Champs-Élysées ».

Ce génial compositeur a souffert de l'absurde hiérarchie des genres musicaux et, cependant, certaines de ses œuvres surclassent bien des opéras dits sérieux. Sans contexte, Offenbach est le plus grand compositeur d'opérettes de tous les temps et avec Florimond Rongé, dit Hervé, il partage la paternité d'une opérette bien française.

Jacques Paul

Tous droits réservés

Oeuvres

Dans son livreJacques Offenbach (Biographie – Gallimard – 2000), Jean-Claude Yon renseigne 110 œuvres lyriques créées. Ce nombre ne tient pas compte des ouvrages pour lesquels le compositeur n'a écrit que quelques pages, des cantates et des secondes et troisièmes versions pour certaines œuvres. Le catalogue des œuvres d 'Offenbach par Louis Schneider signale 105 œuvres.

 


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