Les Matelots de la Dendre

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Hervé

(1825 -1892)

Louis-Auguste-Florimond Ronger dit Hervé est un compositeur, auteur dramatique, acteur, chanteur, metteur en scène et directeur de troupe français, né le 30 juin 1825 à Houdain et mort le 3 novembre 1892 à Paris.

Il fut le rival — et néanmoins ami — de Jacques Offenbach. Il eut un fils, également comédien sous le nom de Gardel-Hervé.

Biographie

Orphelin de père à dix ans, Florimond Ronger « monte » à la capitale où il devient choriste à l’église Saint-Roch, élève du compositeur Daniel-François-Esprit Auber au Conservatoire, avant d’être nommé organiste de Bicêtre puis de Saint-Eustache en 1845. Il arrondit ses fins de mois au théâtre comme pianiste et acteur de complément, sous le pseudonyme d’Hervé, comme le fera, quelques années plus tard, le personnage de Célestin-Floridor de son opérette Mam'zelle Nitouche (1883).

En cette même année 1845, le Conseil général des hospices décide, par arrêté du 30 avril, que «M. Florimond-Ronger, professeur de chant des aliénés à la Vieillesse hommes, donnera également des leçons de chant aux aliénées de la Vieillesse femmes » (respectivement Bicêtre et la Salpêtrière).

Avec le fantaisiste Joseph Kelm, il compose en 1847 une pochade, Don Quichotte et Sancho Pança, considérée comme la première « opérette ». Chef d’orchestre de l’Odéon puis du théâtre du Palais-Royal, il ouvre en 1854 un café-concert dans une petite salle du boulevard du Temple qu’il baptise Folies-Concertantes puis Folies-Nouvelles et où il présente des opérettes à deux personnages de sa composition (Le Compositeur toqué, La Fine Fleur de l’Andalousie, Un drame en 1779...) aux côtés de Kelm, mais aussi l’une des premières œuvres d’Offenbach : Oyayaye ou la Reine des îles (1855). La troupe s’étoffe rapidement, avec l’arrivée notable de José Dupuis qu’Hervé débauche du théâtre du Luxembourg-Bobino. Il cède la salle en 1859 à la comédienne Virginie Déjazet qui la rebaptise de son nom.

Le 10 novembre 1856, Hervé comparaît à Paris en cour d’assises pour détournement de mineur (en l’occurrence, un garçon de douze ans nommé Pierre Botreau). Il est condamné à trois ans de prison mais n’effectue que la moitié de sa peine, soit dix-huit mois, à la prison de Mazas.

Grand voyageur, il se produit en province comme chanteur avant de se réinstaller à Paris (Offenbach ayant obtenu entre temps l’assouplissement des règles qui régissent les pièces musicales), où il prend la direction musicale des Délassements-Comiques. Les Chevaliers de la Table Ronde, opéra-bouffe en 3 actes, livret de Chivot et Duru, qu’il donne aux Bouffes-Parisiens est la première des grandes opérettes du « compositeur toqué » comme on le surnomme en référence à son œuvre de jeunesse. Suivront L’Œil crevé (1867), Chilpéric (1868) et Le Petit Faust (1869) qui rencontrent un succès considérable aux Folies-Dramatiques, dont il vient de prendre la direction.

En 1878, il tient le rôle de Jupiter dans une reprise d’Orphée aux enfers sous la direction d’Offenbach lui-même puis débute le cycle qu’il compose pour Anna Judic, l’étoile du théâtre des Variétés : La Femme à papa (1879), La Roussotte (1881), Lili (1882) et enfin Mam'zelle Nitouche (1883) sur des livrets du mari de celle-ci, Albert Millaud.

En 1886, Hervé quitte Paris pour Londres où il se produit régulièrement depuis 1870. De 1887 à 1889, il compose une série de ballets pour l’Empire Theatre. Il rentre en France en 1892 où il donne une ultime Bacchanale peu de temps avant sa mort, le 3 novembre 1892.

Récit de sa rencontre avec Richard Wagner

Ici (le contexte semble indiquer que cela se passe en 1862) se place une entrevue, un dîner dans lequel Hervé fut présenté à Richard Wagner.

C’était à Paris chez un Allemand nommé Albert Beckmann, bibliothécaire du prince Louis-Napoléon, et, de plus, vaguement journaliste, vaguement correspondant des théâtres germaniques, vaguement agent diplomatique secret, et officiellement secrétaire de l’obligeant banquier Erlanger dont le cœur généreux s’exerçait sans relâche à protéger, à tirer d’embarras quelques artistes.

Donc chez Albert Beckmann se trouvaient invités ce soir-là : Neftzer, qui fut le fondateur du journal Le Temps, Dréolle, un chroniqueur de la presse bordelaise qui s’était fixé à Paris, Gaspérini, le critique musical, long comme un jour sans pain, violent et sectaire, qui ne manquait pas une occasion de manifester sa ferveur pour la religion wagnérienne en train de se fonder, et le grand Richard Wagner, sombre, hargneux, digérant mal l’accueil injuste et discourtois de Tannhäuser à l’Opéra. Au cours du dîner, Wagner et Hervé, que la maîtresse de maison avait placés l’un à côté de l’autre, étaient entrés en sympathie.

— J’écris mes livrets moi-même, lui avait dit Richard Wagner, car je n’ai trouvé personne qui puisse comprendre mon esthétique : une œuvre dramatique vivante, où l’action ne soit pas un imbroglio, mais le développement d’un caractère, d’une passion.

— Et moi aussi, répliqua Hervé, je procède comme vous : je fais mes livrets moi-même, mais pour des raisons différentes de celles que vous invoquez.

Et Hervé de développer à son interlocuteur, qui y prenait un intérêt marqué, ses théories sur la dose nécessaire d’insanité d’un livret d’opérette, dose qui devait, d’après lui, émaner du même cerveau que la musique, et aussi ses idées sur la prosodie spéciale du genre que bien peu de librettistes étaient à même de connaître et de mettre en pratique.

À la fin du dîner, Hervé et Wagner étaient devenus les meilleurs amis du monde ; partis de points de vue tout différents, de prémisses tout opposées, ils avaient abouti à des conclusions semblables.

Au moment du café, on continua à échanger des vues sur l’art, on fuma, on but. Hervé se mit au piano. Ce fut sur le clavier le défilé de ces musiques abracadabrantes, le Hussard persécuté, la Fine Fleur de l’Andalousie, peut-être même des esquisses de l’Œil crevé, d’autres encore, qui firent les frais de la soirée. Hervé, qui était timide, s’était enhardi parce qu’il avait trouvé le plus sympathique des auditoires : mieux encore, Richard Wagner riait, s’esclaffait.

Et lorsque, rentré dans son pays, l’auteur de Lohengrin, interrogé sur ce qu’il pensait de la musique française, répondit : « Un musicien français m’a étonné, charmé, subjugué : ce musicien c’est Hervé », il ne fit que rendre l’hommage du souvenir à ce compositeur qui lui avait, chez le journaliste Albert Beckmann, fait passer de si joyeux moments.

Œuvres

Opéras-bouffes, opérettes

Revues

Ballets

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