Les Matelots de la Dendre

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Reynaldo Hahn

(1874 - 1947)

Reynaldo Hahn est un chef d'orchestre, critique musical et compositeur français (naturalisé en 1912), né à Caracas le 9 août 1874 et mort à Paris le  28 janvier 1947.

Biographie

Né d'une mère vénézuélienne, Elena Maria de Echenagucia (1831-1912), et d'un père allemand venu de Hambourg, d'origine juive, Carlos Hahn (1821-1886), Reynaldo Hahn est le cadet de quatre frères (Herman, Federico, Carlos, Eduardo) et de cinq sœurs (Elisa, Elena, Isabel, Maria, Clarita). Les enfants sont élevés dans la religion catholique. Leur père, Carlos Hahn, venu au Venezuela pour faire fortune, devient ami et conseiller du président Antonio Guzmán Blanco. Au terme du septennat de ce dernier, se sentant menacé par les ennemis du président, Carlos part pour Paris en 1878 avec toute sa famille ; Reynaldo n'a que trois ans. La famille Hahn, installée au 6 rue du Cirque, se crée rapidement des relations dans la société parisienne.

Montrant des dispositions pour la musique, Reynaldo Hahn entre au Conservatoire de Paris en octobre 1885 et devient l'élève d'Albert Lavignac et de Jules Massenet pour la composition. À treize ans, il compose déjà une célèbre mélodie Si mes vers avaient des ailes, un poème de Victor Hugo. En 1890, il écrit la musique de scène de L'Obstacle d'Alphonse Daudet. Il côtoie dès lors la famille de l'écrivain, chez laquelle seront interprétées pour la première fois les Chansons grises en présence de Paul Verlaine.

Dans les salons parisiens les plus huppés (chez la princesse Mathilde, la comtesse de Guerne, Madeleine Lemaire), Reynaldo Hahn chante ses mélodies en s'accompagnant au piano. Il s'illustrera brillamment dans ce genre musical durant la première partie de sa vie (1922 est la date de publication du 2e volume de vingt mélodies). Il rencontre de grands noms comme Stéphane Mallarmé ou Edmond de Goncourt. Chez Madeleine Lemaire, en 1894, alors qu'il est invité pour chanter Les Chansons grises, il fait la connaissance de Marcel Proust dont il devient l'amant, jusqu'en 1896 ; il entretiendra cette amitié jusqu'à la mort de l'écrivain dont il sera l'un des rares proches à pouvoir se rendre chez lui sans devoir se faire annoncer. Comme le souligne le biographe de Proust, George Painter: « il avait le charme sérieux, l'intelligence et la distinction morale que Proust demandait à l'ami idéal. »

Son père meurt en 1897. La famille emménage au 9 rue Alfred-de-Vigny. La même année, les Concerts Colonne jouent son poème symphonique, Nuit d'amour bergamasque. L'année suivante, l'Opéra-Comique présente L'Île du rêve, trois actes inspirés de Pierre Loti. En 1900, il publie les Études latines. En 1902, La Carmélite (d'après l'histoire douloureuse de Louise de La Vallière) s'impose à l'Opéra-Comique. Il voyage beaucoup, de Hambourg à Bucarest, de Rome à Londres, se cultive dans tous les arts, notamment la peinture et la littérature.

Il compose la musique de scène des Deux courtisanes (1902) de Francis de Croisset ainsi que deux partitions pour Werther et pour Scarron. Il publie les recueils de mélodies pour piano, Chansons espagnoles, Rondels, etc., des pièces pour le piano, Portraits de peintre, Premières valses, Caprice mélancolique, etc. Pour le théâtre, il produit des ballets : Le Bal de Béatrice d'Este (1907), La Fête chez Thérèse (1910), Le Dieu bleu (1912) créé pour les Ballets russes de Diaghilev.

En 1914, à sa demande, il est envoyé au front jusqu'en 1916 pour ensuite travailler au ministère de la guerre. Cela ne l'empêche pas de continuer à composer (Le Ruban dénoué, pour deux pianos). Il est fait officier de la Légion d'honneur en 1924 (et devient commandeur quelques jours avant sa mort).

En 1920, Reynaldo Hahn devient professeur de chant à l'École normale de musique de Paris (fondée en 1919 par Alfred Cortot et Auguste Mangeot). Il y côtoie Pablo Casals, Jacques Thibaud, Nadia Boulanger. Dans cette période de l'Entre-deux-guerres, il compose ses opérettes les plus célèbres (Ciboulette, 7 avril 1923), Malvina (mars 1935) et des comédies musicales pour Yvonne Printemps (Mozart, 1925) et Arletty (Ô mon bel inconnu sur un livret de Sacha Guitry, octobre 1933), Le oui des jeunes filles (drame espagnol de Nicolas Fernandez de Moratin), œuvre posthume dont Henri Büsser terminera l'orchestration du dernier acte. Mais à côté de cette musique à la mode, il revient à un genre plus intime qu'il avait jusqu'alors délaissé, la musique de chambre, avec un bouleversant Quintette avec piano (1921), la sonate pour violon & piano (1927) et deux Quatuors à cordes (1939). En février 1931, il donne un Concerto pour piano avec la pianiste Magda Tagliaferro ; c'est un succès. La Reine de Sheba est jouée en mars 1926, un Promothée triomphant est créé par les Concerts Colonne en 1908, puis un Concerto pour violon, un Concerto provençal, une Suite d'orchestre sur Strasbourg reconquise, un Agnus Dei pour soprano et baryton, des chœurs pour Esther. Dans le même temps, il participe à la critique musicale de son temps, à l'Excelsior de 1919 à 1921 et au Figaro de juin 1933 à 1945.

Inquiété pour ses origines juives, il doit quitter Paris en 1940 pour Cannes puis Monte-Carlo. En 1945, de retour à Paris, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts à la mort d'Alfred Bachelet et devient directeur de l'Opéra de Paris où il fait redécouvrir les œuvres de Méhul. Atteint d'une tumeur au cerveau, il meurt à Paris le  28 janvier 1947 ; il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (section 85, près de l’avenue des Thuyas).

Toute son œuvre est marquée par un véritable don de l'invention mélodique alliée à un raffinement harmonique certain. Cependant, sa musique restant tournée vers le passé, il est, pour beaucoup, le musicien de la Belle Époque, l'auteur de charmantes mélodies et d'opérettes. Mais une grande partie de son œuvre reste à découvrir, présentant bien d'autres facettes du personnage.

« ... cet « instrument de musique de génie » qui s'appelle Reynaldo Hahn étreint tous les cœurs, mouille tous les yeux, dans le frisson d'admiration qu'il propage au loin et qui nous fait trembler, nous courbe tous l'un après l'autre, dans une silencieuse et solennelle ondulation des blés sous le vent. »

— Marcel Proust, Le Figaro, 11 mai 1903

Œuvres principales

 

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