Les Matelots de la Dendre

Les Matelots de la Dendre

L'opérette

Le répertoire

Les compositeurs

Les artistes

Paul Abraham

(Apatin, Hongrie 1892 - 1960)

 

1. Les années avant Berlin  (1892 - 1929)

Paul Abraham est né dans Apatin (Hongrie, maintenant Vojvodina en Serbie) le 02 novembre 1892. Il est mort à Hambourg le 7 mai 1960.

Les dispositions musicales de Paul Abraham furent découvertes par Adolf Schifer qui encouragea sa mère, Flora Blam à les développer. Elle était elle-même pianiste et son père Jacob, un mélomane averti.  La famille a complètement disparu dans les camps de concentration et leurs biens furent nationalisés après la guerre.

Paul commençe ses études à Apatin sous la direction de Schifer. Il les poursuit à Sombor puis à Budapest, au conservatoire d'abord puis à l'Académie royale (aujourd'hui Franz Liszt). De 1910 à 1916, il étudie la compostion avec Viktor Herzfeld et Albert Siklos. Il y compose des lieder et de la musique de chambre. Il obtient en fin d'études le titre de "professeur de musique religieuse, théorie et histoire de la musique".

Son premier succès est un concerto pour violoncelle, joué à la philarmonie de Budapest. Il compose ensuite un quatuor à cordre qui remporte le prix "Joseph Haydn" à Salzburg en 1922. Il écrit ensuite des sérénades pour cordes, probablement perdues aujourd'hui.

Sa passion pour le jeu et les spéculations boursières lui causent d'importants ennuis financiers. Il travaille notamment comme chef d'orchestre à l'opéra royal de Budapest où il prend goût au lyrique. C'est ainsi qu'en 1927, il dirige au théâtre d'opérette de Budapest où l'on crée sans succès ses premières opérettes, Zenebona  et Der Gatte des Fräuleins  (1928).

 2. Les années de succès

En 1929, Paul Abraham se tourne définitivement vers le théâtre lyrique. Il se rend à berlin où il devient le maître de l'opérette viennoise. Ignoré à Budapest, la reconnaissance vient de Leipzig et de Berlin (théâtre  Metropol).

 Le succès est immédita avec la chanson Bin kein Hauptmann bin kein grosses Tier, chantée par Willy Fritsch dans le film "Mélodies du coeur" d'Erich Pommer. Suivent Viktoria und Ihr Husar (1930), Die Blume von Hawai (1931) et Bal im Savoy  (1932).

Le livret de Viktoria  est d'Alfred Grunwald et Franz Lohner (qui ont également travailé pour Oskar Starus, Leo Fall, robert Stolz en autres). En général, les livrets des opérettes d'Abraham sont assez insignifiant. Heureusement, la musique l'est beaucoup moins !

A Berlin, Paul mène une vie facile et futile, vivant dans une maison luxueuse au centre de la ville et achetant un nombre impressionnant de chemises en soie, par exemple. Il devient obsédé par la crainte de contracter des maladies et portent toujours des gants blancs. Ce sont les premiers symptômes de la maladie mentale qui le touchera bientôt.

 3. Les années d'incertitudes

En 1933, avec l'accession au pouvoir de nazis au pouvoir, la musique des compositeurs juifs est interdite. Elle est qualifié de "dégénérée" (entartete). Paul émigre d'abord à Vienne. Ses trois opérettes suivantes y remportent un franc succès (Märchen im Grand Hotel , Dschainah, das Mädchen aus dem Tanzhaus,Roxy und ihr Wunderteam). Mais Hitler envahit l'Autriche. Paul Abraham retourne à Budapest qu'il fuit ensuite pour Paris. De là, il se rend à Cuba où il joue du piano bar avant d'entrer ilégalement aux Etats-Unis.

  4. Les années de maladie mentale

Aux Etats-Unis, Paul n'a pas le succès d'un Kalam ou d'un Stolz.   De plus il n'a pas de permis de travail. Sa santé mentale s'altère de plus en plus. Il perd le contact avec le monde réel. On le voit souvent  dans les rues de New York diriger un orchestre imaginaire.

Il passe dix ans à l'hôpital de Credmor à New York, portant toujours le même costume et jouant aux cartes avec lui-même.

En 1956, sur l'intervention de son ami Walter Anatol Persich, est est transféré à la clinique universitaire d'Hambourg-Eppendorf.

Une anecdote sur son retour en Allemagne : en mai 1956, à sa descente d'avion à l'aéroport de Francfurt, un orchestre joue ses mélodies les plus célèbres. Il dit : "C'est joli, mais un peu démodé. Qui est le compositeur ?"

Il passe les quatre dernières années de sa vie dans la sérénité mais complètement hors du monde et du temps. Il meurt le 7 mai 1960.

 


Société royale  "Les Matelots de la Dendre"

7801 ATH – Chaussée de Valenciennes, 195

Contact :  matelots.dendre@gmail.com                                                     068 28 37 62